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La fugue

Les 02, 04 et 05 mai

La fugue

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de Lolita Monga
Cie Lolita Monga

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Dates et horaires des spectacles

MARDI 02 MAI 19.00
JEUDI 04 MAI 19.00
VENDREDI 05 MAI 20.00
TARIF A
Spectacle en français et en créole

Vidéo

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de Lolita Monga
Cie Lolita Monga

« Fuir, mais en fuyant chercher une arme » Gilles DELEUZE

La notion de « fuite » peut renvoyer à la notion de lâcheté, d’un refus de l’action, elle peut également renvoyer à l’instinct animal de survie vis à vis d’un danger ou d’une violence subie, mais elle peut être également être une arme de résistance, une désertion d’un système pour faire un pas de côté et reconstruire une autre forme d’habiter le territoire, de réhabiliter une identité incertaine et de vivre tout simplement l’utopie d’une liberté.
Aujourd’hui, l’actualité et le quotidien regorgent de ces figures de maronaz, que ce soit ces jeunes qui reprennent la route d’oasis en oasis en quête de sens, ces autres qui se regroupent pour défendre un territoire devenu symbole politique et poétique, ou encore de ces multiples en « apnée sociale » qui se cherchent une identité dans une économie de survie précaire et fragile.

Selon Marcel Dupré « la fugue est une forme de composition musicale dont le thème ou sujet passant successivement dans toutes les voix et dans les diverses tonalités, semble sans cesse fuir ».

Des croisements, des parallèles et des fuites individuelles, apparitions et disparitions. Leurs mouvements perpétuels sont des armes à multiples tranchants. Leur quête, persister dans leur être en disparaissant.

Beaucoup de personnes cherchent à rompre, mais avec quoi  ? Avec son métier, avec son environnement, avec son passé ? Et pour aller vers où, vers quoi, pourquoi  ? « J’ai 31 ans et j’ai le sentiment de ne pas être à ma place ici et maintenant dans ma vie. Tout va bien pourtant, mais je ressens le terrible besoin de voyager, tout quitter et changer de vie. » Serait-ce une fuite que de vouloir partir, de l’immaturité, ou bien un appel de la petite voie intérieure  ?
Chaque année, en France, le ministère de l’Intérieur inscrit par rotation 35.000 à 38.000 noms sur son Fichier des personnes recherchées. A La Réunion on voit des avis de recherche tous les jours dans les journeaux. Mais ce chiffre englobe les gens traqués par la justice, les mineurs fugueurs, les adultes dépressifs ou suicidaires et, dernière catégorie qui nous intéresse aujourd’hui, les adultes partis de leur plein gré faisant l’objet de recherches dans l’intérêt des familles.
Beaucoup sont retrouvés, certains rentrent à la maison, d’autres, au moins la moitié, refusent même de communiquer leur adresse. Ceux-là rompent définitivement les ponts avec parents et amis. Les autorités avisent la famille qu’ils sont en bonne santé, rien de plus. On enlève son nom du fichier des RIF et l’action officielle s’arrête. Ce fichier vient d’être supprimé. Rien n’oblige quiconque à rechercher une personne qui a choisi de ne plus communiquer avec les siens. L’idée que chacun est libre de refaire sa vie au loin est stipulée dans les articles 1 et 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Toute personne jugée capable — ce qui exclut les mineurs et les majeurs malades mentaux — a parfaitement le droit de disparaître.

“La fugue” parle de ces gens qui disparaissent volontairement.
Ces « marons » d’aujourd’hui.
Se « volatiliser », comme font les volatiles, justement, les oiseaux migrateurs.
S’évaporer, se dissiper, s’éclipser. Non pas passer à l’état gazeux, vaporeux, comme fait la matière inerte une fois « sublimée », mais
s’échapper et se défiler, se dérober, s’esquiver, bref, « voyager » au sens littéral du mot : « se mettre en voie… en route ou en chemin ».
La pièce parle de ces « évaporés » au travers des recherches de leurs proches qui mettent tout en œuvre pour tenter de les retrouver.

Distribution

écriture et mise en scène
Lolita Monga
jeu
Judith Profil, Florient Jousse, Olivier Corista, Rachel Pothin, Lolita Monga
lumières
Valérie Foury
photographies
Laurent Zitte
scénographie costumes
Cie Lolita Monga
confection costumes
Clémence Boissard
coproduction
Centre Dramatique de l'océan Indien / Léspas Leconte De Lisle
avec le soutien
de l’association Pëi Jazz AS/ROME
administration
Lionel Pannetier

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